L'édit royal de 1688
Le 5 octobre 1688, un édit du roi soleil tente le sauvetage de cette industrie et donne aux savonneries de Marseille un cahier des charges très stricte.
«Le roi, ayant été informé que la mauvaise qualité des savons qu'on fabrique maintenant en Provence, en a considérablement diminué le débit, qui était très-grand; et que l'altération qu'on y fait pour le poids, et les défauts qui s'y rencontrent pour le peu de soins qu'on a de préparer les matières, a pu donner lieu aux étrangers d'attirer et d'établir cette manufacture chez eux, ce que Sa Majesté désirait empêcher, elle a résolu, pour remédier aux abus qui se sont introduits, de remettre cette fabrique dans sa perfection, et ordonne ce qui suit :
« ART.1er. Les manufactures de savon, de quelque qualité qu'elles soient, cesseront entièrement pendant les mois de juin, juillet et août de chaque année, sous peine de confiscation du savon.
« ART.2. Les huiles nouvelles ne pourront être employées à cette manufacture avant le 1er mai de chaque année, aussi à peine de confiscation de la marchandise.
« ART.3. Il est défendu de se servir dans la fabrique du savon, avec les barilles, soudes ou cendres, d'aucune graisse, beurre ni autres matières, mais seulement des huiles d'olive pures sans mélange de graisse, à peine de confiscation.
Source : Les merveilles de l'industrie ou Description des principales industries modernes, par Louis Figuier, édition Jouvet Furne 1873-1877.
Il faudra pourtant attendre le début du 18e siècle pour que le savon de Marseille retrouve une image…propre. Et ainsi une nouvelle ère prospère débute.